Une filière d’excellence : La brasserie française

La brasserie en bref (chiffres 2024)
1/ La France est le 1er pays européen en nombre de brasseries.
2/ 2500 brasseries dans tous les départements français de métropole et d’Outre-mer
3/ 6ème pays producteur de bières en Europe.
4/ 70% des bières consommées en France sont produites en France
Les brasseries françaises représentent plus de 10 000 références de bières différentes.
La France, avec une moyenne de 33 l/an/habitant, est en volume le dernier pays consommateur de l’Union-Européenne.
Le marché français (chiffres 2025)
En France, un secteur fragilisé par deux années de baisse
En 2025, le marché français demeure atone[1], après deux années de baisse (- 7 % entre 2022 et 2024).
Les volumes progressent légèrement en consommation à domicile (+1,2 %)[2]. Certains circuits de distribution poursuivent leur évolution : le drive et les magasins à marques propres progressent respectivement de 6 % et 5,5 %[3], tandis que la distribution traditionnelle reste en retrait.
En hors domicile, la bière conserve un poids économique important, représentant environ 30 % du chiffre d’affaires du secteur, mais recule en volume de 1,5 %[4].
Période clé pour la catégorie, l’été 2025 a enregistré une progression de 1,4 % par rapport à l’été précédent[5], qui avait été défavorable à la consommation pour des raisons météorologiques. Sans inverser la tendance annuelle, un point mérite d’être souligné : entre juillet et août 2025, les consommateurs ont fait le choix de la bière sans alcool, avec 600 000 litres supplémentaires.
Une compétitivité des brasseries mise à l’épreuve
Avec 2 500 brasseries, la France reste le pays européen comptant le plus grand nombre d’entreprises, s’appuyant sur un amont agricole structuré et une grande diversité de modèles.
La stagnation des volumes, combinée à la hausse continue des coûts de production pèse durablement sur les équilibres économiques des brasseries. Ainsi, la fin de l’ARENH en 2026, l’augmentation des redevances sur l’eau, l’augmentation de la REP[6] emballage ménager, la complexité réglementaire et une pression fiscale permanente sont autant de facteurs pénalisant notre compétitivité et qui affectent directement un secteur composé à 96 % de TPE et de PME.
Ces difficultés se traduisent concrètement sur le tissu brassicole : en 2025, 209 brasseries ont fermé, soit près de 4 fermetures par semaine, un niveau quasiment équivalent au nombre d’ouvertures (213)[7]. En 2024, les fermetures avaient déjà été plus nombreuses que les ouvertures.
Dans ce contexte, des mouvements de consolidation se poursuivent — mise en commun de capacités de production ou rapprochements stratégiques — afin de préserver les équilibres économiques, renforcer les capacités industrielles et assurer la pérennité des brasseries.
Diversification et innovation : un potentiel de croissance pour la filière
Face à ces tensions, diversification et innovation demeurent des leviers essentiels de maintien et de développement de la catégorie.
La diversité des formats y contribue : en grande distribution, les canettes, légères et facilement recyclables, enregistrent une progression de +4,8 % en volume, tandis que les bouteilles de 75 cl affichent +4,2 %[8]. Ce format peut également être porté par le réemploi, avec une expérimentation ReUse en cours dans le Nord et l’Ouest de la France.
Le segment des bières sans alcool joue également un rôle moteur. En progression de 11,5 % sur un an, il représente désormais près de 6 % des volumes en grande distribution [9].
Une enquête flash menée par Brasseurs de France[10] en janvier 2026 met en lumière la dynamique autour de la bière sans alcool. 40 % des brasseurs interrogés produisent aujourd’hui de la bière sans alcool, de manière régulière ou ponctuelle, et 30 % déclarent avoir un projet en cours.
Parmi les brasseurs déjà engagés sur ce segment, 50 % ont recours à des levures spéciales, soulignant le rôle central de la recherche et de l’innovation dans le développement de cette offre.
Près de 60 % des brasseurs concernés jugent le marché de la bière sans alcool en croissance. La demande des consommateurs est identifiée comme la principale motivation. Les données de Santé Publique France confirment une évolution des habitudes de consommation d’alcool en France, avec une baisse des consommations quotidiennes (-13% entre 2021 et 2023[11]) et une augmentation des non‑buveurs, notamment parmi les jeunes (près de 20 % des 17 ans n’ont jamais consommé d’alcool, contre 7 % il y a vingt ans[12]).
[1] Estimation Brasseurs de France.
[2] Chiffres NielsenIQ, sur l’ensemble de l’année 2025 du 1er janvier au 31 décembre
[3] Chiffres NielsenIQ, sur l’ensemble de l’année 2025 du 1er janvier au 31 décembre
[4] Estimation Brasseurs de France
[5] Rapport Pulse by CGA, septembre 2025
[6] Responsabilité élargie du producteur
[7] Projet Amertume 2025
[8] Chiffres NielsenIQ, sur l’ensemble de l’année 2025 du 1er janvier au 31 décembre
[9] Chiffres NielsenIQ, sur l’ensemble de l’année 2025 du 1er janvier au 31 décembre
[10] Enquête flash menée par Brasseurs de France sur la bière sans alcool. Janvier 2026
[11] Rapport Santé Publique France « La consommation d’alcool et ses conséquences en France en 2024 »
[12] Etude ESPAD, de l’OFDT, réalisée dans 37 pays européens en 2024
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Un secteur fortement contributeur (2024)
Le montant des charges sociales, taxes et impôts du secteur, de la production et de la vente de bière s’élève à 3,8 milliard € par an dont 1 milliard de taxe sur les alcools (droits d’accises).
Les droits d’accises, fiscalité particulière appliquée aux boissons alcoolisées, s’appliquent sur la bière au degré et à l’hectolitre et sont indexés chaque année sur l’inflation de l’année antérieure.
Les taux d’accises au 1er janvier 2026 s’établissent donc comme suit :
- Pour les bières produites par une petite brasserie indépendante : 4,12 €/ degré d’alcool et par hl
- Pour les bières produites par les autres brasseries :
– 4,12 €/ degré d’alcool et par hl pour les bières jusqu’à 2,8 % alcool inclus,
– 8,24 €/ degré d’alcool et par hl pour les bières de plus de 2,8 % alcool ;
La filière brassicole (2025)
Filière agro-alimentaire majeure par son poids agricole et ses circuits de distribution, la filière brassicole est un débouché économique essentiel pour l’agriculture en France. De « l’épi au demi », elle représente, en effet, près de 130 500 personnes pour un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros.
La fabrication des bières françaises nécessite le travail de semenciers, d’agriculteurs, de collecteurs, de malteurs, de levuriers, de producteurs de houblons et de brasseurs.
1 emploi direct = 16 emplois indirects
Les producteurs d’orge
La France est un terroir qui réunit les conditions climatiques idéales pour la culture d’orge de brasserie de grande qualité.
En 2022/2023, 1,8 million d’hectares d’orge ont été cultivés.
Sur les quelques 12 Mt d’orge récoltées en France, les orges de brasserie, également appelées orges brassicoles, représentent près de 4 Mt soit près de 40 % du total annuel.
La France est le 2ème exportateur mondial d’orges de brasserie. (lien : « Des chiffres et des céréales : l’essentiel de la filière en 2024″ d’Intercéréales)
La France, un terroir privilégié pour la culture des orges de brasserie.
En France, les conditions pédoclimatiques sont particulièrement propices à la culture des orges brassicoles ; elles permettent de faire pousser à la fois des orges de printemps et des orges d’hiver. Les orges brassicoles sont cultivées en France principalement dans le Nord, en Champagne-Ardenne, dans l’Est, en Bourgogne, en Beauce et Gâtinais, en Poitou Berry et en Charentes, sur une surface totale d’environ 1,1 million d’hectares, avec un rendement moyen de 6 à 7 quintaux à l’hectare.
Les producteurs de malt
La France produit 1,4 million de tonnes de malt
La malterie française est représentée par 14 unités de production sur le territoire français, regroupées en 3 groupes, qui font partie des 5 premiers mondiaux.
La France compte également une dizaine d’unités de micromalteries.
En 2023, en France, 1,7 Mt d’orges de brasserie ont été transformées en 1,4 Mt de malt.
La France est le premier exportateur mondial de malt
Depuis 1967, la malterie française exporte 70% de sa production de malt . La France exporte 80% de sa production de malt soit environ 1,2 million de tonnes par an. Elle contribue à hauteur de 30% des échanges mondiaux de malt. Les principaux marchés d’exportation de la malterie française sont, pour près de 30% chacune, l’Union Européenne et l’Afrique et, pour près de 20% chacune, l’Asie et l’Amérique du Sud.
lien : malteurs de France
Les levuriers
https://www.chambresyndicalelevure.com/la-csfl-en-bref/les-membres/
Les autres fournisseurs des brasseurs sont très divers : fabricants d’emballages en verre, de boîtes en acier et en aluminium, de bouchons, de packs, de sous-bocks, d’étiquettes, de films plastiques, sans oublier les sociétés d’ingénierie, de transports, les fabricants d’équipement industriel…
Les producteurs de houblons
Le renouveau du paysage brassicole français de ces vingt dernières années et le retour à la croissance du marché ont engendré de nouvelles attentes tant parmi les consommateurs que les brasseurs : besoin de variétés plus aromatiques, augmentation de la demande en houblon français et volonté d’approvisionnement local pour de nombreux brasseurs artisanaux.
La filière longtemps concentrée en Alsace et dans le Nord, très tournée vers l’exportation, se réorganise à présent pour répondre davantage à son marché intérieur. On assiste depuis quelques années à un développement de houblonnières partout en France, comme en Bretagne, en Normandie, dans le centre, ou dans la région Midi-Pyrénées. Dans le même temps la filière s’est organisée en interprofession, et la culture de houblon biologique a fait son apparition notamment en Alsace pour répondre à la demande du marché de bières biologiques.
Site internet : AGPH
L’interprofession Inter Houblon
Face à l’augmentation de la demande des brasseurs en houblon, la filière s’organise. Une interprofession nommée “Inter Houblon” a été lancée officiellement en février 2020.
Inter Houblon sera composée de 3 collèges : production, négoce et transformation.
Chiffres clés 2024 :
La filière houblon française est en plein renouveau : on compte 227 exploitations en 2024 dont 160 en bio 235 producteurs en 2022 en France (soit + 36 % par rapport à 2021) et 750 ha de houblonnières en 2024 (+ 3,3 % par rapport à 2023).
En 2023 : moins de 1000T de houblon
Deux régions historiques :
- Grand Est (67 % de la production pour 502 hectares et 44 exploitations)
- les Flandres (7,8 % de la production pour 58 hectares et 19 exploitations)